đŸ“œđŸ€đŸ“œâ“ Promesse de vente et compromis de vente : Quelles diffĂ©rences ?

Lorsque le vendeur et l’acquĂ©reur sont parvenus Ă  un accord sur la vente, en principe un avant-contrat est rĂ©gularisĂ© prĂ©alablement Ă  la signature de l’acte dĂ©finitif. Il permet d’exprimer l’accord mutuel du vendeur et de l’acquĂ©reur et de dĂ©terminer les conditions prĂ©cises dans lesquelles la vente du bien immobilier s’effectuera.

L’avant-contrat permet d’introduire des conditions suspensives et donc de laisser un dĂ©lai permettant de purger les incertitudes liĂ©es Ă  la vente du bien immobilier comme par exemple, le droit de prĂ©emption de la commune, le droit de prĂ©emption du locataire, l’obtention d’un prĂȘt bancaire, l’obtention d’un permis de construire etc…

Le compromis de vente et la promesse de vente sont deux avant-contrats aux consĂ©quences diffĂ©rentes pour l’acheteur et le vendeur.

Que faut-il savoir ?

LA PROMESSE DE VENTE UNILATERALE

L’alinĂ©a 1 de l’article 1124 du Code civil prĂ©cise que « La promesse unilatĂ©rale est le contrat par lequel une partie, le promettant, accorde Ă  l’autre, le bĂ©nĂ©ficiaire, le droit d’opter pour la conclusion d’un contrat dont les Ă©lĂ©ments essentiels sont dĂ©terminĂ©s, et pour la formation duquel ne manque que le consentement du bĂ©nĂ©ficiaire ».

La promesse unilatĂ©rale de vente n’engage que le propriĂ©taire appelĂ© « le promettant » et lui permet de rĂ©server le bien Ă  l’attention exclusive d’un candidat acquĂ©reur appelĂ© « le bĂ©nĂ©ficiaire », Ă  un prix spĂ©cifiĂ© dans le contrat et pour une durĂ©e limitĂ©e.

DĂšs lors, seul le propriĂ©taire est engagĂ© et le candidat acquĂ©reur est libre d’acheter ou non le bien immobilier.

En contrepartie, le candidat acquĂ©reur verse une indemnitĂ© d’immobilisation du bien, correspondant en principe Ă  10 % du prix de vente. Pour conclure la vente, le candidat acquĂ©reur doit alors confirmer son intention d’achat en « levant l’option » dans le dĂ©lai convenu dans la promesse de vente.  S’il dĂ©cide de lever l’option (s’il dĂ©cide d’acquĂ©rir le bien), alors le propriĂ©taire est obligĂ© de vendre son bien.

 S’il dĂ©cide de ne pas lever l’option (s’il dĂ©cide de ne pas acquĂ©rir le bien), alors l’indemnitĂ© d’immobilisation reste acquise au propriĂ©taire.

La promesse de vente doit ĂȘtre enregistrĂ©e au Centre des impĂŽts dans les 10 jours qui suivent sa signature. Cet enregistrement sert Ă  authentifier la promesse de vente. Si cette formalitĂ© n’est pas effectuĂ©e, alors la promesse est considĂ©rĂ©e comme nulle.

A Noter : Si la durĂ©e de la promesse est supĂ©rieure Ă  18 mois alors elle doit ĂȘtre conclue par acte authentique.

Quels sont les avantages ?

‱ Les avantages pour le bĂ©nĂ©ficiaire (AcquĂ©reur) La promesse de vente unilatĂ©rale permet au bĂ©nĂ©ficiaire de se laisser une pĂ©riode de rĂ©flexion pour dĂ©cider de l’opĂ©ration.

‱ Les avantages pour le promettant (Vendeur) Le bĂ©nĂ©ficiaire lĂšve l’option lorsqu’il est certain que la vente est rĂ©alisable. C’est ainsi qu’une fois l’option levĂ©e, le promettant est certain que la vente se rĂ©alisera. Ce contrat apporte donc une sĂ©curitĂ© au promettant puisqu’il Ă©carte le risque d’une inexĂ©cution de la vente.

 

LE COMPROMIS DE VENTE OU PROMESSE DE VENTE SYNALLAGMATIQUE

L’alinĂ©a 1 de l’article 1589 du Code civil prĂ©cise que « La promesse de vente vaut vente, lorsqu’il y a consentement rĂ©ciproque des deux parties sur la chose et sur le prix ».

Contrairement Ă  une promesse de vente unilatĂ©rale, un compromis est considĂ©rĂ© comme un contrat « synallagmatique » puisqu’il engage les deux parties. Il est signĂ© lorsque le vendeur et l’acquĂ©reur ont la certitude de vouloir conclure la vente du bien immobilier.

DĂšs lors, la signature d’un compromis de vente engage Ă  la fois le vendeur et l’acheteur Ă  mener la transaction Ă  son terme. Il est prĂ©sentĂ© comme une vente sous condition suspensive.

Le compromis de vente ne nĂ©cessite pas de versement d’indemnitĂ© d’immobilisation mais un dĂ©pĂŽt de garantie correspondant en principe entre 5 et 10 % du prix de vente. L’enregistrement du compromis de vente au Centre des impĂŽts n’est pas nĂ©cessaire.

Quels sont les avantages ?

‱ Les avantages pour le vendeur et l’acquĂ©reur Le compromis de vente convient au vendeur et Ă  l’acquĂ©reur qui souhaitent constater une vente soumise Ă  des conditions sur lesquelles ils sont d’accord et dont ils souhaitent que la bonne fin ne dĂ©pende pas d’une manifestation de volontĂ© ultĂ©rieure.

 

A QUOI SERVENT LES CONDITIONS SUSPENSIVES DE L’AVANT-CONTRAT ?

Qu’il s’agisse d’une promesse de vente ou d’un compromis, acheteur et vendeur peuvent dĂ©cider d’un commun accord d’y insĂ©rer des conditions suspensives. Celles-ci permettent de prĂ©voir la nullitĂ© de l’avant-contrat si ces conditions n’étaient pas rĂ©alisĂ©es.

Parmi ces conditions suspensives, la plus frĂ©quente est celle relative Ă  l’obtention d’un crĂ©dit par l’acquĂ©reur. DĂšs lors, en cas de refus de prĂȘt par la banque, les sommes versĂ©es par l’acquĂ©reur Ă  la signature de l’avant-contrat (indemnitĂ© d’immobilisation, dĂ©pĂŽt de garantie) lui sont restituĂ©es.

 

SORT DE L’AVANT-CONTRAT EN CAS DE DECES

 Sort de la promesse de vente unilatĂ©rale
En cas de décÚs

Le dĂ©cĂšs du promettant survenant aprĂšs la signature de la promesse de vente unilatĂ©rale, ne remet pas en cause les liens contractuels. En effet, les obligations du promettant sont transmises Ă  ses hĂ©ritiers et le bĂ©nĂ©ficiaire conserve la possibilitĂ© de lever l’option et de former la vente.

De la mĂȘme maniĂšre, le dĂ©cĂšs du bĂ©nĂ©ficiaire survenant avant la levĂ©e d’option est sans incidence sur la promesse. Dans ce cas, ses hĂ©ritiers dĂ©cideront de lever l’option ou de ne pas le faire.

 Sort du compromis de vente ou de la promesse de vente synallagmatique
En cas de décÚs

Le décÚs du vendeur entraßne la transmission de ses obligations à ses héritiers.

En cas de dĂ©cĂšs de l’acquĂ©reur, les hĂ©ritiers qui ont acceptĂ©s la succession sont censĂ©s continuer la personne du dĂ©funt. DĂšs lors, sauf volontĂ© contraire exprimĂ©e dans l’avant-contrat, les successeurs sont tenus d’honorer les engagements pris par le proche dĂ©cĂ©dĂ©.

 

SANCTIONS EN CAS DE NON-REALISATION DE L’AVANT-CONTRAT

Sanction en cas de non-réalisation de la promesse de vente unilatérale

 Si le bĂ©nĂ©ficiaire lĂšve l’option (s’il dĂ©cide d’acquĂ©rir) alors le promettant est obligĂ© de vendre le bien.

En cas de refus par le promettant de réaliser la vente par acte authentique, le bénéficiaire pourra :

Soit poursuivre l’exĂ©cution forcĂ©e de la vente par voie judiciaire ou demander rĂ©paration des consĂ©quences de l’inexĂ©cution. Dans les deux hypothĂšses, la condamnation pourra ĂȘtre assortie de dommages et intĂ©rĂȘts.

Soit réclamer la clause pénale (en général fixée à 10% du prix de vente du bien).

 

 Si le bĂ©nĂ©ficiaire ne lĂšve pas l’option (s’il dĂ©cide de ne pas acquĂ©rir le bien), l’indemnitĂ© d’immobilisation reste acquise au propriĂ©taire.

Sanction en cas de non-réalisation du compromis de vente

 Si l’une des parties renonce Ă  la transaction, l’autre pourra :

Soit poursuivre l’exĂ©cution forcĂ©e de la vente par voie judiciaire ou demander rĂ©paration des consĂ©quences de l’inexĂ©cution. Dans les deux hypothĂšses, la condamnation pourra ĂȘtre assortie de dommages et intĂ©rĂȘts.

Soit réclamer la clause pénale (en général fixée à 10% du prix de vente du bien).

Pour rappel :

Lors de l’établissement d’un avant-contrat, la mention d’une clause pĂ©nale est couramment stipulĂ©e. Elle est dĂ©finie comme Ă©tant une clause selon laquelle une personne s’engage Ă  faire quelque chose, gĂ©nĂ©ralement Ă  payer une somme d’argent, en cas d’inexĂ©cution de sa part. Cette clause dĂ©termine par avance le montant de la sanction pĂ©cuniaire applicable dans le cas oĂč l’une des deux parties renonce Ă  la rĂ©alisation de la vente dĂ©finitive. La clause pĂ©nale correspond ainsi Ă  une Ă©valuation anticipĂ©e et forfaitaire des consĂ©quences d’une inexĂ©cution du contrat. DĂšs lors, elle offre une garantie aussi bien Ă  l’acheteur qu’au vendeur en cas de renonciation Ă  la rĂ©alisation d’une vente.

 

DROIT DE RETRACTATION DE L’ACQUEREUR

La loi Macron du 6 aoĂ»t 2015 a portĂ© le dĂ©lai de rĂ©tractation de l’acquĂ©reur Ă  10 jours, alors qu’il Ă©tait de 7 jours jusque-lĂ .

L’acquĂ©reur particulier (non professionnel) qui achĂšte un bien Ă  usage d’habitation bĂ©nĂ©ficie d’un droit de rĂ©traction aprĂšs la signature de l’avant-contrat (promesse de vente unilatĂ©rale ou compromis de vente). Ce droit peut s’exercer dans un dĂ©lai de 10 jours durant lequel l’acquĂ©reur peut revenir sur son engagement sans avoir Ă  motiver sa dĂ©cision.

Dans ce cas, il devra notifier sa rĂ©tractation au vendeur par courrier recommandĂ© avec avis de rĂ©ception avant l’expiration du dĂ©lai de 10 jours.

Ce dĂ©lai de rĂ©tractation court Ă  compter du lendemain de la remise de l’avant-contrat en main propre ou de la premiĂšre prĂ©sentation de la lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception contenant l’avant-contrat.

Si le dernier jour du dĂ©lai de rĂ©traction est un samedi, dimanche, jour fĂ©riĂ© ou chĂŽmĂ©, le dĂ©lai est prolongĂ© jusqu’au 1er jour ouvrable suivant.

Aucune somme ne doit ĂȘtre versĂ©e par l’acquĂ©reur avant l’expiration du dĂ©lai de rĂ©tractation. AprĂšs ce dĂ©lai, l’acquĂ©reur est tenu de verser le montant de l’indemnitĂ© d’immobilisation ou du dĂ©pĂŽt de garantie prĂ©vu Ă  l’avant-contrat. En cas d’acquisition, cette somme sera dĂ©duite du prix total de la vente.

A Noter : Le droit de rĂ©tractation est rĂ©servĂ© uniquement Ă  l’acquĂ©reur. De son cĂŽtĂ©, le vendeur est engagĂ© Ă  l’égard de l’acquĂ©reur dĂšs la signature de l’avant-contrat et ne bĂ©nĂ©ficie pas de ce droit.